Le gouverneur Constant Louis Sylvain Sorin naquit le 27 juillet 1901 dans la petite ville de Landerneau en Bretagne. Sa famille appartenait à la petite bourgeoisie locale, mais son père était Vendéen.

Après de brillantes études d'où il sortit bachelier ès-sciences et philo-sophie (1re et 2e partie) à 16 ans, il fit une licence en droit. Puis il prépara l'École navale; mais à la suite d'une grave fièvre cérébrale, il fut obligé de renoncer à Navale et prépara Saint-Cyr où il est reçu en 1921 à vingt ans.
Il est affecté à l'État-major de l'Armée au 3e bureau et toujours attiré par l'outre-mer, prépare en même temps l'inspection des Colonies. En novembre 1936 il subit le concours de l'inspection des Colonies où il est reçu.
En février 1940 il fut nommé par décret, délégué dans les fonctions de gouverneur de la Guadeloupe, fonctions qu'il assuma jusqu'au 15 juillet 1943.
On a longtemps tenu Sorin pour responsable de tous les maux endurés pendant cette période. Il convient pourtant de revenir sur le rôle largement surestimé de ce fonctionnaire colonial.
Le gouverneur de la Guadeloupe Constant Sorin. Il se rallie à Vichy en juillet 1940 et assisté de son chef l'amiral Robert (Haut-commissaire de France aux Antilles et gouverneur de la Martinique), ils appliquent avec rigueur les directives de Pétain : suppression des élections, interdiction des syndicats et des mouvements politiques, ...
Les principes de l'idéologie de la Révolution nationale sont transposés intégralement au cadre colonial. Le secrétaire d'État aux colonies de Vichy introduit pratiquement toute la législation de l'État français aux Antilles y compris l'essentiel des lois antisémites.
En août 1940, débutait la politique de Révolution Nationale de Pétain, les mesures contre les Juifs ou les Francs-Maçons, la suppression quasi-totale du suffrage universel et, bien sûr, la main tendue du maréchal au Führer.
En ce qui concerne l'accusation de racisme, l'étude méthodique de l'action du gouverneur permet de donner raison à l'opinion générale.
En 1941, conformément aux mesures directives de Vichy, des maires guadeloupéens furent suspendus de leurs fonctions. Mais certains d'entre eux restèrent en place qui représentait en majorité la société des Blancs-Créoles et le monde des directeurs d'usines.
Il sera alors chargé de faire régner l’ordre sous l’autorité de l’Amiral Robert.
Sorin se lança dans une politique, "l'Effort Guadeloupéen", visant à développer les productions locales.
"L’Effort Guadeloupéen" assura l'autosubsistance. Disons seulement que l'époque favorisa une prise de conscience de la dépendance à l'égard de la métropole.
Sorin entreprend une série de réformes visant à museler et contrôler la population dans le but d’accomplir l’œuvre du Maréchal Pétain.
La devise « Liberté – Egalité -Fraternité » allait bientôt être remplacée par « Travail – Famille – Patrie ».
Pour cela Sorin commence par s’attaquer au symbole même de la république, il :
. Abroge le suffrage universel masculin.
. Dissout le conseil général et autres assemblées élues
. Révoque les élus et les nomme lui-même
. Transforme l’école en lieu de propagande (salut au drapeau, chant à la gloire du Maréchal Pétain, priorité au sport, à la hiérarchie, au patriotisme…)
. Transforme l’appareil judiciaire républicain en appareil d’Etat au service de la politique (régime de Vichy)
. S’attaque à la séparation de l’église et de l’Etat (introduction de l’image du christ dans des mairies, écoles, hôpitaux, tribunaux)
Le 15 juillet 1943, les gaullistes ayant pris possession des Antilles, les autorités restées fidèles au maréchal Pétain, sont prises en charge par la Marine de guerre des U.S.A. et sont rapatriées en France via Miami, le Portugal et l'Espagne.
Quand vient la libération de la France, et après de multiples démarches, il réussit à partir pour les Armées avec son grade de capitaine mais comme officier de réserve. Il fait la campagne d'Alsace et d'Allemagne sous les ordres du général Valluy (1re Armée) et reçoit la croix de guerre 1939-1945 avec une citation à l'ordre de là Division.
En juillet 1945, il est affecté à l'état-major du général Leclerc, commandant le Corps expéditionnaire d'Indochine et il est promu chef de bataillon en septembre de la même année.
Il débarque en Indochine en novembre 1945 et y restera jusqu'en avril 1948.
Il gagnera une seconde citation à l'ordre du Corps d'armée.
Démobilisé il fait parti quelques mois au Comité interprofessionnel du Rhum, puis le quitte et part pour Madagascar.
Il revint en France en 1952 et devint conseiller technique au Bureau d'Études pour le développement de la production agricole dans les T.O.M. Il fut envoyé deux fois en mission pour le compte du ministre de la France d'outre-mer à Madagascar, et une troisième fois en Nouvelle-Calédonie. C'est au retour de Nouméa qu'il s'arrête en Guadeloupe en août 1956 et reprit contact avec ses anciens administrés.
Deux ans plus tard il fut appelé à la présidence du Syndicat général des producteurs de sucre des Antilles françaises. Pendant dix années il défendit avec énergie, compétence et talent les intérêts vitaux des Antilles non seulement en France mais encore à là C.E.E. à Bruxelles. C'est ainsi qu'elles jouissent des mêmes avantages que la métropole dans le Marché commun.
Le gouverneur Sorin était attaché à la Guadeloupe et il y revint plusieurs fois. Il y reçut toujours un accueil chaleureux de ses anciens administrés... surtout des plus humbles.
Le gouverneur Sorin s'est éteint à l'hôpital de Neuilly le 20 janvier 1970.
Il était officié de la Légion d'honneur et commandeur de l'ordre du Mérite.
Article de FLICKR.COM
Georges ROBERT est né le 30 janvier 1875,
Georges Robert est un amiral et administrateur français né à Courseulles-sur-Mer le 31 janvier 1875, d'une famille de manufacturiers de dentelle et mort à Paris le 2 mars 1965.
Ancien élève de l'Ecole Navale, titulaire du grade de lieutenant de Vaisseau à l'âge de 31 ans, Vice Amiral, puis commandant en chef de l'escadre de la Méditerranée.

Il arrive à la Martinique à Bord de la Jeanne d'Arc en septembre 1939. Suite à la déblacle de l'armée française en juin 1940, Pétain le nomme représentant légal de l'ordre Vichyssois aux Antilles. L'Amiral Robert est dès lors le Haut commissaire de la France aux Antilles.
Dès lors, il devient le représentant du régime de Vichy en Martinique, où il est en poste. Il gère la situation des possessions françaises face aux intérêts britanniques et surtout américains. Avec ces derniers, il obtient une sorte d'arrangement à l'amiable qui cantonne les possessions françaises d'Amérique dans une certaine neutralité et entend préserver ainsi la souveraineté nationale sur les colonies. Il veillera aux réserves d'or de la Banque de France entreposées provisoirement au fort Desaix à Fort-de-France. L'amiral Robert impose un régime de rigueur et de répression accaparant les rares ressources disponibles et en particulier la nourriture qui n'arrivait dans l'île que via les ravitaillements américains. La période de l'administration de l'amiral Robert reste présente à la mémoire de nombreux Martiniquais, surtout les plus anciens. L'absence de commerce avec la métropole entraîna une pénurie quasi générale et une disette chronique. Les produits de première nécessité comme la farine, la viande salée, le savon, le tissu firent défaut et furent remplacés tant bien que mal par des productions locales On alla jusqu’à couper l’essence avec du rhum pour alimenter les voitures. Les Martiniquais n'ont pas oublié cette période qu'ils évoquent encore en disant "an tan Robè", c'est-à-dire "du temps de Robert". La mortalité infantile crût de façon dramatique.
L'amiral Robert était un collaborateur zélé qui affichait clairement son mépris des populations de couleur. On lui reproche de ne pas avoir fait le choix du général de Gaulle et Il a tout fait pour empêcher le ralliement des Antillais et des Guyanais aux forces françaises libres multipliant les exactions contre les dissidents.
En septembre 1944, l’amiral Robert accusé de collaboration, est incarcéré à Fresnes. Mis en liberté provisoire le 24 mars 1946, il comparait devant la Haute Cour de justice le 14 mars 1947 et est condamné à 10 ans de travaux forcés. Cependant, la peine est remise à la demande de la Haute Cour de Justice qui l'a prononcée ; les juges ont constaté qu’il avait été très favorable aux Anglais et qu’après leur opération « Catapult » du 3 juillet 1940, il avait conclu un « modus vivendi » avec eux ; qu’il avait maintenu sa neutralité lors de l’occupation de Saint-Pierre par les FNFL (Forces Navales françaises libres) ; que son obédience à Vichy n’était que de pure forme et maintenue pour des buts diplomatiques et utilitaires locaux ; que les témoignages des autorités américaines étaient élogieux et qu’il avait contesté la procédure de serment au chef de l’État comme étant « superflue et dangereuse ». Il sort libre du Tribunal. Six mois plus tard, sa peine lui est remise. Il bénéficie d’une amnistie totale et de la réintégration dans ses grades et décorations le 15 avril 1954. Il est libéré six mois après. Il est relaxé en 1957.
De Gaulle, dans ses Mémoires de guerre note :
« Au début de 1943, tout annonçait qu'un grand mouvement entraînerait, bientôt dans le camp de la libération les territoires français d'Amérique et les forces qui s'y trouvaient. »
« En juin, la Martinique accomplit les actes décisifs. Depuis des mois, l'Amiral Robert recevait de ses administrés d'innombrables pétitions l'adjurant de laisser ce territoire ardemment français faire son devoir envers la France. J'avais moi-même trouvé l'occasion de faire passer à Fort-de-France, en avril 1943, le médecin général Le Dantec pour offrir à l'Amiral Robert une issue satisfaisante. Mais mes démarches restaient sans réponses. Par contre, menaces et sanctions redoublaient sur place contre les résistants. »
Une rue à Courseulles-sur-Mer, dans le Calvados, honore la mémoire de l'amiral Robert.
Simicoundza Simicourba, dit « Sitarane » est né sur la côte orientale de l'Afrique, originaire des possessions portugaises au Mozambique, d'où il rallie La Réunion en 1889 à l'âge de 20 ans avec un contrat de travailleur engagé.
Il travaille sur les terres de Mr Morange à Saint-Benoit. En 1891, il fuit ce qui le fait enter dans l'illégalité, il prend le nom d'emprunt de Sitarane. En 1906 il fait connaissance de "Saint-Ange Gardien", un "tisaneur" qui arpente la région de Saint-Pierre, offrant des potions miraculeuses, il se nomme en réalité Calendrin.
Saint-Ange chapeauta la bande qui commettait ses premiers délits. Celle-ci se constituait de Sitarane (ex-Simicoundza Simicourba), Saint-Ange, Emmanuel Fontaine, leurs femmes, un adolescent, plus trois autres hommes.
L’histoire débuta en 1908. Le sud de l’île est la proie de nombreux larcins et cambriolages la nuit. A chaque fois c’est la même chose : ni les chiens aboient, ni les hommes et les femmes qui dorment dans leur chambre n’entendent quoi que ce soit du cambriolage qui est en train de se dérouler juste à côté d’eux.
Le côté dramatique, voir même horrifiant de l’affaire commence avec la date du 20 mars 1909. Hervé Deltel, jeune propriétaire tamponnais qui doit se marier prochainement et qui donc a réuni chez lui pas mal d’argent et de provisions est retrouvé mort à 6h par le gardien de sa propriété. Le montant de la porte a été percé suivant la même technique imputable à la bande du sud. Le ou les assassins, après examen par les gendarmes et les médecins, ont tué Hervé Deltel alors que celui-ci dormait profondément dans son lit. Bien entendu, toute sa maison fut vidée de l’argent et des provisions qui étaient stockés.
le 13 août, Lucien Robert, jeune instituteur à Saint Pierre habitait le quartier de la caserne avec sa jeune épouse. Ils sont retrouvés par les gendarmes le matin alors que Mr Robert n’était pas à l’école, gisant dans une mare de sang sur leur lit, leurs visages tournés en vis-à-vis. Le rapport de la gendarmerie indique que non seulement la jeune femme était enceinte, mais que les meurtriers l’ont violée une fois morte.
En ensuite Ils assassinent les époux Leveneur dans la nuit du 29 au 30 septembre 1909.
Fin septembre, la bande s’attaque à la propriété de Monsieur Charles Roussel au Tampon. Mais le gardien veille, et arrive avec son fusil lorsqu’il entend ces étranges bruits sur la porte de son maître. Une lutte s’engage entre l’un des membres de la bande (on saura plus tard qu’il s’agissait de Sitarane) et le gardien. Un coup de feu éclate, mais aucun des hommes n’est touché. Pendant la débâcle, les deux autres membres de la bande ont déjà pris la fuite, et Sitarane, profitant d’une chute à terre du gardien, détalle à son tour. Mais voilà, reste sur place bon nombre d’éléments : deux sacs, deux gonis, un chapeau, un pistolet, deux couteaux de boucher, une barre en fer, un villebrequin neuf, ainsi qu’un usagé, et plié dans une feuille une étrange poudre jaune. Les gendarmes invitent tous les habitants à venir voir ces objets en vue de leur identification. La population vient en masse. Et çà marche ! le chapeau, le revolver et un des sacs sont reconnu comme appartenant à un dénommé Simicourbi Simicoudza, un ancien travailleur engagé mozambiquien surnommé également Sitarane. Le villebrequin neuf est également identifié comme appartenant à un dénommé Emmanuel Fontaine, menuisier au tampon. Les deux hommes sont immédiatement arrêtés. De plus, des analyses révèleront que le pistolet était celui d’Hervé Deltel. Les deux hommes nient catégoriquement, puis finissent par avouer avoir participé aux vols, mais sans tuer qui que ce soi, que le véritable tueur est leur chef, un certain Pierre Elie Calendrin, surnommé Saint Ange, en raison de ses pouvoirs de sorcier. Les gendarmes recherchent alors activement l’homme, et se rendent à la grotte de la Chatoire au Tampon, lieu indiqué par Sitarane et Fontaine comme celui où ils cachent leur butin. Grâce à la découverte de la grotte, ils arrêteront la totalité de la bande, sauf Saint Ange, soit une dizaine de personnes, hommes, femmes, enfants qui n’étaient en réalité que des receleurs.
Mais le 31 décembre 1909, des cultivateurs mettent la main sur Saint Ange, et s’apprêtent même à le lyncher. Heureusement pour lui les gendarmes arriveront à temps.
Une fois toute la bande arrêtée, tout s’explique, et même bien plus encore. Tout d’abord, si, ni les animaux ni les hommes n’entendaient quoi que ce soit c’est pour deux raisons. La bande donnait aux chiens des coqs qui avaient macérés dans un mélange de datura et de zamal ce qui les rendaient complètement amorphes. Pour les hommes, c’est plus vague. Les gendarmes avaient découvert une poudre jaune. Il semblerait que la bande soufflait par un des trous qu’ils faisaient au vilebrequin un peu de cette poudre, et que cela endormait les gens. De plus, les gendarmes, de peur, peut être que cette poudre magique ne soit reproduite, n’en divulguèrent jamais la composition.
La bande se réunissait la nuit, loin des habitations, attendant minuit, heure favorable pour prendre conseil avec les esprits du mal. Le chef, assassin-sorcier, consultait les tarots et, si d'après lui tout allait bien, on égorgeait un coq noir pour boire le sang chaud, ainsi qu’une mixture préparée par Saint Ange (ce qui leur valut le surnom de « bande de buveur de sang »). C'était là, une des formes de sacrifice auquel se soumettait chaque compagnon sanguinaire, au départ du crime. Ils se mettaient en cercle autour d’un feu, et Saint Ange faisait des passes au-dessus des flammes avec une carte de roi de pique. Puis, la carte, sur ordre de Saint Ange, était piquée au couteau par Sitarane sept fois. Ces êtres cruels se dirigeaient donc vers une destination connue d'avance, emportant avec eux l'assurance et la protection du démon.
C’était donc bel et bien Saint Ange le chef du groupe, le sorcier et tisanière qui donnaient les ordres, mais également organisaient ces rituels sacrés qui ont été le déclencheur des meurtres commis par les voleurs.
L'enquête révéla que les 3 brigands, saint ange le chef de bande, qui avait une réputation de sorcier, Sitarane et Fontaine, avaient bu le sang de leurs victimes et en avaient recueilli pour servir aux pratiques sorcières de saint ange. Ce dernier nia tout en bloc au cours du procès.
Le 13 décembre 1910 tombe le verdict du procès : Sitarane, Fontaine et Saint Ange sont condamnés à mort. Cinq de leur complice aux travaux forcés à perpétuité. Deux femmes et un jeune homme sont acquittés.
Mais l’étrangeté de cette affaire ne s’arrête pas là. Les condamnés intentent un pourvoi en Cassation. Le dossier est donc transmis à Paris. Le 18 juin 1911 parvient la réponse de la cour de Cassation : Sitarane et Fontaine sont toujours condamnées à mort, mais Saint Ange est gracié par le Président de la République lui-même ! Il échappe à la peine de mort pour être condamné à l’emprisonnement à perpétuité en Guyane, sur l’île du Diable.
Sitarane et Fontaine sont guillotinés le 20 juin 1911. Ils sont enterrés dans la même tombe du cimetière de Saint Pierre. Il est à noter que le nom de Saint Ange a été également rajouté plus tard, mais il n’en n’est rien. Saint Ange mourra seulement trois ans avant la fermeture du pénitencier de Guyane en 1932
De nos jours, c’est un véritable culte qui est donné à Sitarane. Tous les mérites de sorcellerie lui reviennent, et le nom de Saint Ange et même de Fontaine sont le plus souvent oublié.
Curieusement, seul le nom de Sitarane demeure vivace dans l'histoire locale, peut-être à cause de l'attitude cynique qu'il eut au cours du procès ou peut-être parce qu’il fut à sa demande baptisé juste avant sa mort. Toujours est-il qu’à La Réunion sa tombe est tous les jours décorée, et y est déposé également des objets de culte.
La tombe de Sitarane, toujours fleurie et garnie de bougies et de cierges.
Selon la tradition sorcière de l'île, de nombreux envoûteurs et jeteurs de sort enrôlent l'esprit de Sitarane pour leurs opérations de magie noire.
On prétend aussi que tous ceux qui envisagent un crime ou un hold-up, un détournement d'héritage ou l'assassinat d'une belle-mère, vont prier nuitamment sur la tombe de Sitarane pour que son esprit démoniaque favorise leur entreprise.

Édouard Glissant, né le 21 septembre 1928 à Sainte-Marie (Martinique) et mort le 3 février 2011 à Paris était un écrivain, poète et essayiste français.

Fondateur des concepts d'antillanité, de créolisation et de tout-monde, Chantre éloquent de la diversité et du métissage, un grand écrivain antillais, Poète, romancier, essayiste, auteur dramatique et penseur de la "créolisation".
Édouard Glissant a étudie au lycée Schœlcher de Fort-de-France. Il quitte la Martinique pour Paris en 1946 afin d'étudier l'ethnographie au Musée de l'Homme, mais aussi l'histoire et la philosophie à la Sorbonne.
Il joue un rôle de premier plan dans la renaissance culturelle négro-africaine.
Il fonde, accompagné de Paul Niger, en 1961 le Front antillo-guyanais d'obédience indépendantiste, puis autonomiste, ce qui lui vaut d'être expulsé de la Guadeloupe et assigné à résidence en France métropolitaine. Il est interdit de séjour dans son île natale pour « séparatisme » de 1959 à 1965. Il est signataire du manifeste des 121 en 1960.
Docteur dès lettres, Edouard Glissant etait l'un des plus grands écrivains contemporains de l'universel.
De 1982 à 1988, il est Directeur du Courrier de l'Unesco. En 1989, il est nommé « Distinguished University Professor » de l'Université d'Etat de Louisiane (LSU), où il dirige le Centre d'études françaises et francophones. Depuis 1995, il est « Distinguished Professor of French » à la City University of New York (CUNY).
Première femme arbitre de football de France.
Madame BESSARD est une passionnée de sport, le 09/08/1966 elle entrait dans l’histoire du foot étant la première femme arbitre de France et la deuxième femme arbitre au monde après une allemande, toutes deux reconnues par les instances du foot.
A 32 ans cette Martiniquaise allait faire respecter les règles du football sur un terrain.
Une forte personnalité, une implication de longue date dans le milieu sportif et l’amour du sport l’ont poussée à être arbitre.
Elle a été vise-présidente de l’Union Sportif du Robert, trésorière de l’Athlétic Club du Vert-Pré et ancien professeur d’anglais au collège du Gros-Morne.
Marie-Anne BESSARD est une référence et une femme avant-gardiste pour les originaires de l’outre-mer.
LUMINA SOPHIE dite SURPRISE naît le 5 novembre 1848, juste après l’abolition de l’esclavage, en Martinique au Vauclin à l’habitation LA BROUE. Elle est enregistrée à l’état civil sous le nom de MARIE PHILOMENE SOPHIE, fille de Marie Sophie dite ZULMA. Peu après le patronyme donné à sa mère et à elle-même sera celui de Roptus.
Marie-Philomène Roptus, mieux connue sous l’appellation de, une des insurgées les plus actives de l’Insurrection de 1870 dans les campagnes du sud de la Martinique.
Dans ce contexte éclate l’affaire Lubin. Ce dernier est condamné par la justice coloniale, pour ne pas avoir céder sa place assez vite au béké Codé. Il fut déporté au bagne. Le soulèvement qui fait suite à cette affaire prend naissance à Rivière-Pilote, commune du sud de l’île. Les quelques centaines de personnes se rendent sur l’habitation Codé et l’ont incendié. On fait alors appels aux troupes pour rétablir l’ordre… Lumina Sophie(3) est une des femmes ayant participé activement à ce soulèvement.
Lumina Sophie : Elle faisait partie de ces pétroleuses qui incendièrent l’habitation. Elle fut également l’une des centaines de personnes arrêtées. Le 28 avril 1871 elle accouche, à la prison centrale de FORT de FRANCE, d’un garçon que l’administration pénitentiaire nomme Théodore LUMINA. L’enfant est immédiatement séparé de sa mère.
Le 8 juin 1871 LUMINA est condamnée aux travaux forcés à perpétuité pour incendie et participation active à l’insurrection.
LUMINA SOPHIE arrive au bagne de SAINT LAURENT DU MARONI, en GUYANE le 22 décembre 1871. Théodore meurt à 14 mois, à la prison de FORT de FRANCE, le 10 juillet 1872.
Elle est contrainte d’épouser 7 ans après, le 4 Aout 1877, Marie Léon Joseph FELIX un bagnard, un paysan originaire du nord de la France. Elle meurt d’épuisement, de maladie et de mauvais traitements, le 15 décembre 1877 à SAINT LAURENT DU MARONI. Elle est alors âgée de 31 ans.
Brûler ! Je veux tout brûler criait cette jeune femme de 19 ans lorsqu’elle allait, enceinte, mettre le feu aux champs de cannes, voulant certainement attaquer les autorités postcoloniales par ce biais.

Jean Galmot est né le 2 juin 1879 à Monpazier (Dordogne) et mort à Cayenne (Guyane) le 6 août 1928. C'est un homme d'affaires, un homme politique et un écrivain français.
il débarque en Guyane française en 1906 avec le titre de propriété d'une mine d'or, le Placer Elysée, non loin de Mana. Il y fait fortune grâce à l'aide des Guyanais. Il se fait mal voir des autres notables, car il associe davantage le petit peuple guyanais et lui garantit des prix d'achats (or et bois de rose en particulier, aussi bois de balata) proches des cours mondiaux. Il achète une plantation afin de produire du rhum et organise une collecte de la production des petits producteurs, encourant ainsi l'hostilité des autres exploitants, prêts à tout pour préserver leurs intérêts.
Devenu député de Guyane, il est accusé de spéculation dans « l'affaire des rhums » qui éclate en 1919.
Galmot se présente comme un entrepreneur généreux en butte aux manœuvres hostiles des grands groupes financiers du monde parisien, tout en proclamant son amour du peuple guyanais, dont il jure de défendre la liberté jusqu'à la mort. Il est condamné à un an de prison avec sursis.
En 1928, Galmot se présente à nouveau aux élections guyanaises qui provoquent des émeutes. Il meurt subitement, dans des conditions controversées.
Sœur Césarine CAVAIGNAC
1845 – 1922
Née Virginie Cavaignac à Lugan le 22 mars 1845.

Très tôt elle manifeste ses aspirations de vie religieuse et voit son vœux se réaliser le 17 septembre 1866. Quelques jours plus tard elle part en Chine, mais atteinte d'ophtalmie elle doit rentrer en métropole 18 mois plus tard. " La bonne et placide Sœur Césarine, fut à bonne école près de Mémé Victoire. Arrivée dans la Colonie, en septembre 1869, pour le service de l'hôpital militaire, sœur Césarine, qui avait déjà à son actif une campagne en Chine, fut l'ange consolateur des infortunés matelots échoués à l'hôpital. " Avec un dévouement inlassable, une indulgence vraie, une bonté active et toujours souriante, elle prodigua pendant de longues années, à tous les malades, quels qu'ils fussent, ses soins éclairés et toujours réconfortants, et s'imposa au respect et à l'affection de tout le personnel médical qui se succéda pendant cette longue période ". Médecin de l'hôpital. La bonne sœur Césarine avait su se faire une âme de matelot : elle aurait pu dire à son tour : Je connais tous les noms des agrès et des mats
En 1869 Mère Marie Joseph Vernet supérieure principale des communautés aux Îles-Saint-Pierre et Miquelon, rentrée en France pour prendre part au Chapitre compte bien ne pas faire seule la traversée de retour. Elle a besoin d'une aide soignante pour seconder l'infirmière-chef de l'hôpital militaire à St-Pierre. Elle choisit Sr Césarine.
Après une interminable traversée, Elles arrivent le 14 septembre 1869.
Voici donc sœur Césarine promue aide-soignante à l'Hôpital de Saint-Pierre.
En avril 1870 elle part s'occuper du lazaret d’Île aux vainqueurs ou elle restera huit quarantaines, cumulant en même temps, les fonctions d'infirmière, de directrice, de cuisinière, etc... Puis en 1886 elle est désignée pour s'occuper des varioleux à trois kms de la ville sur la route de savoyard dans un établissement vétuste appelé «Robinson».
Deux médailles d'or première classe lui sont décernées en 1885-1887
en 1892 elle reçoit la croix de chevalier de la légion d'Honneur.
Puis en 1903 un témoignage de satisfaction du Ministre de la santé.
En 1904 les écoles et les hôpitaux sont laïcisés et sœur Césarine doit se retirer de l’hôpital.
En mars 1922, elle prend froid. Et après huit jours de vives souffrances elle meurt d'une pneumonie double le 9 mars.

Leaders les plus charismatiques et certainement le seul leader de Polynésie française à vivre, penser et se comporter en véritable Polynésien : il s'agit bien évidemment de Lucien Kimitete, pur produit des îles Marquises et farouche défenseur et promoteur de la culture de son archipel. Depuis 1991 maire de Taiohae sur l'île de Nuku Hiva, chef-lieu de l'archipel des Marquises, Lucien était également conseiller de l'assemblée de Polynésie française et « n°2 » du parti polynésien autonomiste d'opposition, le Fetia Api.
Ardent militant de la cause marquisienne et grand défenseur de cette spécificité culturelle.

Patrick Saint-Éloi etait un chanteur français originaire de la Guadeloupe né le 20 octobre 1958 à Pointe-à-Pitre mort le 18 septembre 2010 dont le nom reste associé au groupe Kassav'. Patrick Saint-Éloi est l'un des pionniers du Zouk Love dans la Caraïbe.
Dès sa plus tendre enfance, il est attiré par la musique. Un grand artiste antillais. Une sensibilité à fleur de peau, une timidité, une simplicité et une voix jamais égalée.
Dès son plus jeune âge, Patrick ressent l'appel irrésistible de la musique et évolue au sein de divers groupes en Guadeloupe. À l'âge de 17 ans, il quitte la Guadeloupe pour se rendre à Paris, afin de tenter sa chance dans ce secteur. Des cours de chant lui permettront d'atteindre une certaine maîtrise vocale et une rencontre avec le bassiste Georges Décimus sera capitale pour son avenir. Il intègre le groupe Venus One dont il devient le chanteur attitré.
En 1982, il rejoint le groupe Kassav' en tant que choriste. S'ensuivra une série de concerts marqués par le succès de ce groupe.
Après s'être essayé à la guitare, la batterie, les percussions et à la basse, il commence à prendre le goût du chant. Pendant des années, il a écrit l’histoire du célèbre groupe Kassav’.
Cela n'empêchera pas Patrick Saint-Éloi de réaliser ses propres créations en solo, et d'être plébiscité au point de devenir une star à part entière. Il est le crooner guadeloupéen le plus connu, le zoukeur lover caribéen. 1999 sera l'année de sa consécration, il se produit dans la salle mythique de l'Olympia, à guichets fermés. Patrick Saint-Éloi jouera un rôle d'ambassadeur de la culture guadeloupéenne, car il demeure attaché à ses racines, ses origines.
Patrick Saint-Eloi a mis ses talents de compositeur au service des copains et copines : Edith Lefel, Ralph Thamar, Jocelyne Béroard, Tanya Saint Val
En 2002, il quitte le groupe Kassav et retourne en Guadeloupe. En 2005, il collabore dans un album avec le chanteur brésilien Gilberto Gil. En 2007, il produira un best of de ses compositions dans l'album Zoukolexion. En mai 2007 pour ses 25 ans de carrière il se produit au Zénith de Paris. Le 13 août 2008, un concert-hommage sur le site de Damencourt dans la commune du Moule (Guadeloupe) est organisé par la région Guadeloupe avec un public estimé à près de 30 000 personnes. Il décède le 18 Septembre 2010 à 4h00 du matin chez lui en compagnie de ses proches ; il luttait contre la maladie depuis des années.
Lire la suite: http://www.greatsong.net/BIOGRAPHIE-PATRICK-SAINT-ELOI,99994286.html#ixzz0zui16Y7q
Monsieur Patrick Saint Eloi s’inscrire comme l’une des plus belles voix que la Guadeloupe musicale ait donnée au monde de la musique.
Véritable ambassadeur de la langue créole et de sa Guadeloupe natale, il s’était également positionné comme le défenseur d’une certaine tradition de ses origines et d’un certain idéal de la vie. Il a été influencé par la musique traditionnelle de son pays (le gwo ka)