Edmond Albius est un Réunionnais né à Sainte-Suzanne en 1829 et mort dans la même ville le 9 août 1880[]. Il est célèbre pour avoir découvert le procédé pratique de pollinisation de la vanille alors qu'il n'avait que 12 ans et était alors esclave. Esclave et orphelin de naissance, il est recueilli par Féréol Bellier Beaumont puis initié par lui à l'horticulture et à la botanique. S'il n'est pas à l'origine de la première fécondation artificielle de la vanille (effectuée par Charles Morren en 1836), c'est lui qui, en 1841 et alors qu'il n'a que douze ans, en découvre le procédé pratique de pollinisation, un procédé qui révolutionne la culture de cette épice[] et permet à La Réunion de devenir pour un temps le premier producteur mondial et le berceau de la diffusion d'un nouveau savoir-faire.

Esclave, fils d'esclave. Ses ancêtres venaient sans doute d'Afrique. Il est né en 1829 à Sainte-Suzanne de Pamphile dont on ne sait presque rien et de Mélise morte en mettant l'enfant au monde, Son père : inconnu et sûrement venant de Mozambique. Son père et sa mère appartenaient à la famille Bellier Beaumont. Curieux de tout, Edmond attire l'attention de son maître Féréol Bellier qui fait son éducation d'horticulteur sans pour autant lui apprendre à lire ou à écrire. A douze ans, Edmond découvre la fécondation artificielle de la vanille, qui fera la fortune de ses maîtres.
Parce qu'elle est celle d'un enfant, noir et esclave de surcroît, la paternité de la découverte est toutefois rapidement contestée par les envieux. À l'origine du développement de l'actuel Jardin de l'État de Saint-Denis, le botaniste Jean-Michel-Claude Richard prétend ainsi avoir enseigné la technique de fécondation à l'esclave trois ou quatre ans plus tôt. Le jeune Edmond est alors vigoureusement défendu par Ferréol Bellier Beaumont, le naturaliste Eugène Volcy Focard et un certain Mézières de Lépervenche.
On le réclame dans toutes les plantations où il renouvelle innocemment son geste devant les riches propriétaires qui s'empresseront d'oublier l'enfant. Une légende tenace veut que Bellier Beaumont ait affranchi son jeune esclave. C'est faux : Edmond fut affranchi comme les autres le 22/09/48 par la République et reçut le patronyme ridicule de ALBIUS (Le BLANC). Là, il quitte le domaine de son maître, erre dans les faubourgs de Saint-Denis (il a 19 ans), finit par se faire engager comme aide-cuistot chez un militaire. En 1851 il est condamné à cinq ans de réclusion et à la chaîne, après un procès bâclé, pour tentative de vol de bijoux avec effraction. Libéré en 1853 pour conduite exemplaire, il retourne à Sainte-Suzanne où il épouse Marie-Pauline RASSAMA, une couturière, qui bientôt mourra. Il vit de menus travaux d'agriculture. Rongé de fièvre, épuisé, il s'éteint à l'hôpital communal de sa ville natale le 9 août 1880. Aucun des planteurs qui lui doivent leur fortune n'a jamais songé à l'en récompenser.
Malgré ce soutien, la controverse persiste, même après la mort des différents protagonistes. Au début du XXe siècle, un titre de presse va jusqu'à affirmer à tort qu'Edmond Albius était blanc. Devenu homme libre avec l'abolition de l'esclavage en 1848, il ne tira aucun bénéfice d'une invention qui fit la fortune des planteurs. Il est mort dans la misère en 1880.
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